20. Où il est démontré que l’appât du gain et le travail sont antinomiques

Réjouissons-nous donc, cher(es) compatriotes, que ce nom illustre ait été donné à un très grand nombre de rues de France ! C’est bien évidemment une larme à l’oeil (cet oeil souffrant d’une désolante cécité) que nous imaginons ce M. Thiers en homme tout à fait honorable du haut de ses 1.55 m, tout occupé à nous poser cette question fondamentale dont nous ne pourrons jamais assez souligner l’obscénité fondamentale qu’elle manifeste : « Quel est le plus grand stimulant du désir de posséder si ce n’est l’amour des enfants ? »

Ce « désir de posséder » dont vous parlez, M. Thiers, avec tellement d’emphase que vous en avez la  bouche  pleine, n’a  strictement  rien  à faire avec les perspectives offertes par le travail : car ce « désir de posséder », dont la simple évocation vous faisait sans aucun doute enfler la gorge-phallus à l’instar d’un gros dindon de basse-cour, n’est concevable que dans le cadre du système d’appropriation et d’accumulation capitaliste, et nécessité par lui.

En effet, le profit moyen récupéré par le détenteur de capitaux dépend de la dimension de l’investissement réalisé qui, lui-même, s’inscrit dans une succession d’appropriations donnant lieu à réinvestissement. Dans ce cadre précis, le même homme pourra donc investir aussi bien 2 millions d’euros que 200 millions, ses profits n’auront aucun rapport avec les performances de sa seule petite personne, alors que celles et ceux qui travaillent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants ne pourront accéder à la propriété des biens de consommation que dans les limites de leur capacité individuelle de travail.

Ainsi, l’appât du gain (ou « l’appât du bien-être », comme vous savez si bien dire…), ce « penchant » si intéressant que selon vous il conviendrait d’exciter chez les classes laborieuses comme on agiterait une grosse carotte devant le nez d’un âne pour le faire avancer, n’est donc applicable qu’à la situation dans laquelle se trouve immanquablement le capitaliste, condamné à une avidité inassouvie puisque pris au  piège de la nécessité redoutable d’une accumulation sans fin…

Pour ce qui concerne en l’occurence votre propre avidité, M. Thiers, voici ce que nous en dit un certain Karl Marx, en 1872 : « Thiers n’a été conséquent que dans son avidité de richesse, et dans sa haine des hommes qui la produisent. Entré pauvre comme Job dans son premier ministère sous Louis-Philippe, il le quitta millionnaire. [...] A Bordeaux, sa première mesure pour sauver la France d’une ruine financière imminente fut de se doter lui-même de trois millions par an, premier et dernier mot de la « République économe », qu’il avait fait miroiter à ses électeurs de Paris en 1869. »

Quant à « l’amour » - celui tout au moins dont vous parlez, qu’il soit filial, paternel ou peu importe -, nous sommes au regret de devoir vous rétorquer qu’il n’a aucun rapport avec les nécessités implacables de la rotation du capital pour le capitaliste, ni avec la comptabilité de sa survie et celle de sa famille pour l’ouvrier.

Publié dans : Non classé |le 5 janvier, 2011 |Pas de Commentaires »

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