Archive pour mai, 2011

15. Pourquoi la quête de la vérité telle qu’elle est conçue à partir du moi ne peut qu’aboutir à une impasse

Déplorant l’incompréhension sur laquelle semble butter son génie clairvoyant, Schopenhauer donne à son brillant essai sur le Fondement de la morale cette conclusion :  »Quand on travaille à faire avancer la pensée humaine et la science, on éprouve toujours de la part du siècle une résistance : c’est comme un fardeau, qu’il faut traîner, et qui pèse lourdement sur le sol, quoi qu’on puisse faire. Mais ce qui doit alors nous rendre confiance, c’est la certitude d’avoir, il est vrai, les préjugés contre nous, mais pour nous la Vérité : et la Vérité, une fois qu’elle aura fait sa jonction avec son allié, le Temps, est sûre de la victoire : si donc ce n’est pas pour aujourd’hui c’est pour demain. »

Or, l’enseignement de Freud montre que la « résistance » provient du moi ; elle est une caractéristique du registre imaginaire… Tout ce que fait Schopenhauer ici consiste, à l’inverse, dans le fait de mettre en oeuvre la résistance pour garantir la toute-puissance de la relation moi/autrui…

Et puisque, pour finir, il prétend lutter contre les « préjugés« , il ne sera pas inutile de signaler que Lacan apporte cette précision qu’il est justement possible de voir dans le moi l’ensemble des… préjugés.

Quant à la « Vérité« , les outils d’analyse qu’utilise Schopenhauer ne lui laisse aucune chance d’en déterminer le caractère terriblement paradoxal et inquiétant pour l’ »être » humain. Au surplus, la vérité nécessite un point d’ancrage que, depuis Kant en particulier, la pensée occidentale ne peut plus utiliser : l’Un premier.

De façon générale, et parce que l’extrait sur lequel nous quittons Arthur Schopenhauer s’achève par le « Temps« , nous pouvons le reconduire à ce qui, dans le matérialisme, prend la place du premier moteur d’Aristote, ou du Dieu des religions monothéistes…

Pour faire bon poids à la formule lacanienne « Y a d’ l’un », nous pouvons très tranquillement nous en tenir à ceci : « Y a d’ la matière en mouvement ». C’est à partir de cette constatation très modeste que, chaque jour, et pas après pas, il est de toute nécessité pour chacun et chacune de s’affronter aux éclairs de la vérité (pointe vive des articulations symboliques) et à ses déclins tout aussi soudains et inexpliqués… en s’évitant, autant que faire se peut, les pitreries du registre imaginaire.

Publié dans:Non classé |on 8 mai, 2011 |Pas de commentaires »

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