Archive pour mars, 2012

5. Derrière l’amour du prochain, un grand Autre … castrateur ?

Pour mieux nous convaincre du caractère nécessairement inné et véritable  de  ce  qu’il  appelle « l’amour du prochain » dont  il n’a de cesse de se faire le chantre tout en s’en défen-dant,  Schopenhauer  en vient  à  nous affirmer que  « cette honnêteté ordinaire, dont les hommes usent dans leurs relations, dont ils font le principe, le roc où est bâtie leur vie, à dire le vrai, [...] a pour cause principale une double contrainte : d’abord, les lois établies, qui assurent à chacun dans l’étendue de son droit la protection de l’Etat ; ensuite le besoin évident pour chacun d’avoir un bon renom, de l’honneur au sens mondain, faute de quoi on ne peut faire son chemin : par là en effet, nous ne faisons jamais une démarche que l’opinion publique ne nous regarde : sévère, impitoyable, elle ne pardonne pas un faux pas, elle en garde rancune au coupable jusqu’à la mort ; c’est une tache ineffaçable. »

C’est ici que s’annoncent les choses sérieuses… Si nous rangeons l’ordre symbolique du côté d’une certaine (im-)puissance paternelle et si nous sommes dans l’obligation de reconnaître que Schopenhauer nous a fait jusqu’à présent manquer le rendez-vous que nous aurions pu avoir avec cet ordre symbolique et cette même (im)puissance paternelle, nous ne sommes pas étonnés le moins du monde de nous retrouver tout à coup face à la forme première et mortifère du grand Autre : la Mère. En politique, cette puissance mortifère se donne les traits de l’ »État protecteur ». Nous nous trouvons désormais retranchés quelque part derrière l’administration, la police, la justice, l’armée, etc… C’est vrai que, vue d’ici, la morale est autrement intelligible : les mandats d’amener, les matraques et les fusils sont prêts et nous indiquent le sens de l’Histoire. Il ne manque plus que de désigner les coupables.

Et Dieu sait qu’il y a du monde de ce côté-là puisqu’une source particulière nous indique que, pour Schopenhauer, « l’Etat est une puissance coercitive dont l’unique fin est de protéger les individus les uns contre les autres, et tous contre l’ennemi extérieur ».

Malheureusement, nous découvrons, dans le même temps, qu’avec cet autre gendarme qui s’appelle le « qu’en dira-t-on ? », l’État n’atteint que certains signes extérieurs dont rien ne nous dit qu’ils correspondent à une véritable authenticité morale interne…

Publié dans:Non classé |on 10 mars, 2012 |Pas de commentaires »

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