Archive pour juin, 2012

3. Comment d’un principe erroné on peut déduire la vacuité de la raison humaine

Chevauchant toujours cette notion bien rassurante de conscience infaillible, notre philosophe poursuit : « Qu’on jette un regard sur cette liste trop courte où Aristote, dans son « De virtutibus et vitiis », a énuméré toutes les vertus et tous les vices ; on verra que tous doivent être regardés comme des états innés, et ne peuvent être véritables qu’à ce prix ; quand on voudrait se les conférer par un acte de la volonté, à la suite de méditations raisonnées, ce serait en somme, pure hypocrisie et mensonge ; aussi, viennent des circonstances pressantes, et il ne faut plus compter qu’elles se conservent et résistent. Autant en peut-on dire de cette autre vertu, la charité : elle fait défaut chez Aristote, comme chez tous les anciens. [...] »

Le fait de convoquer Aristote ne suffit pas à masquer une extrême confusion : vertus et vices sont-ils des « états » ? Ne sont-ce pas plutôt des qualifications qui viennent s’appliquer à des actes ?

Des états « innés » ? Nous y perdons décidément notre latin, notre grec et tout le reste… Car, dans ce cas, comment punir le vice et sanctifier la vertu ? Des états « véritables » ? Si on veut… mais, à quoi bon ?

En présence de ce charabia, faudrait-il aller jusqu’à mettre en doute la traduction française ?

Ou bien aider un peu Schopenhauer, en essayant de préciser ce qu’il veut peut-être nous dire ?… Si nous choisissons cette dernière option, nous pouvons nous rabattre sur la continuité qui semble lier cet extrait au précédent… La compréhension du caractère vicieux ou vertueux d’un phénomène serait immédiate. Elle n’exigerait aucune réflexion approfondie, aucune recherche de ce qui se dissimule peut-être derrière l’aspect immédiatement visible d’une action, etc… Toute tentative (tentation ?) d’investigation dans ce sens ne pourrait en effet déboucher que sur de l’ »hypocrisie » et du « mensonge« . Si la présente interprétation est la bonne, alors, en toutes circonstances, nous savons que nous faisons (que nous avons fait) le mal, de même que nous savons que nous faisons (que nous avons fait) le bien. Point final. Et les autres jugent ainsi (et aussi) de nous comme d’eux-mêmes à la vitesse éclair et sans la moindre hésitation.

Après quoi, et fort heureusement en somme, Schopenhauer peut ajouter à l’énumération d’Aristote l’élément central de l’apport spécifiquement dû à l’épopée du dénommé Jésus : la charité. Dont acte. Voilà de quoi nous remettre un minimum de baume au coeur… dans un contexte où ça canarde de tous les côtés à la fois et en n’épargnant jamais personne (sauf « mensonge » et « hypocrisie« ).

Publié dans:Non classé |on 15 juin, 2012 |Pas de commentaires »

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