11. Structuration imaginaire de la morale et principe de précaution

Que le bon peuple qui ne possède rien et qui, de ce fait, est considéré comme étant en situation de convoiter les richesses d’autrui se le tienne pour dit : la morale (bourgeoise) et les lois édifiées à son service par l’Etat sont là pour exercer une surveillance étroite à son égard et le sanctionner si besoin. A cet égard, les propos (philosophiques) de Schopenhauer ne prennent-ils pas, à la lumière du droit de propriété, un sens particulier lorsqu’il souligne que « la doctrine du droit est une partie de la morale : elle détermine les actes que nous devons ne pas faire, si nous voulons ne pas causer du dommage aux autres, ne pas leur faire injustice. La morale en cette affaire considère donc l’agent de l’action. Le législateur, lui, s’occupe aussi de ce chapitre de la morale, mais c’est en considérant le patient : il prend donc les choses à rebours, et dans les mêmes actions, il voit les faits que nul ne doit avoir à souffrir, puisque nul ne doit éprouver l’injustice. Puis l’Etat, contre ces agressions, élève comme un rempart de lois, et crée le droit positif. Son but est de faire que nul ne souffre l’injustice : celui de la doctrine morale du droit, de faire que nul ne commette l’injustice.  » ?

Comme on le voit, si l’Etat de droit intervient sur le réel, sur l’acte effectivement commis, la structuration imaginaire de la morale permet de sanctionner autrui par précaution, c’est-à-dire par la seule caution du cinéma que les possédants peuvent à tout moment se faire relativement aux risques qu’ils courent à accaparer l’essentiel des richesses résultant de l’ensemble de l’histoire humaine, tout en pérennisant l’accroissement des richesses par le travail forcé de ceux qu’ils réussissent à tenir aux lisières de la Société.

 

Publié dans : Non classé | le 11 septembre, 2011 |Pas de Commentaires »

12. Où l’on confère à la morale une justification métaphysique à travers l’image sacrificielle que peut représenter le don de soi, avec pour effet la jouissance (inconsciente) du moi, encore et toujours …

Il n’est cependant pas suffisant pour Schopenhauer, notre brave philosophe, de donner une simple assise phénoménologique à son fondement de la morale : il va s’appliquer, de façon par ailleurs assez laborieuse, à lui découvrir une explication métaphysique…  » J’ai maintenant achevé, écrit-il, d’expliquer le principe de la moralité pris comme pur fait ; j’ai montré que de lui seul découle toute justice désintéressée, toute charité vraie : et de ces deux vertus cardinales sortent toutes les autres. C’en est assez pour fonder l’éthique, en un sens du moins : car cette science, de toute nécessité, doit reposer sur quelque base réelle, saisissable et démontrable, choisie soit dans le monde extérieur, soit dans celui de la conscience [...]. Toutefois, je le sens bien, l’esprit humain n’est pas pour si peu entièrement content, et ne se repose pas là-dessus à jamais. Il lui arrive ici comme à la fin de toute recherche et de toute science touchant à la réalité : il se trouve en face d’un fait primordial ; ce fait rend bien compte de tout ce qui se trouve enfermé dans le concept que nous en avons, et de tout ce qui en résulte, mais lui-même demeure inexpliqué, et nous offre un problème. [...] De là nait pour nous cette question : pourquoi la réalité qui s’offre à nos sens et à notre intelligence, est-elle comme elle est et non pas autrement ? par quelle conséquence, étant donnée l’essence intime des choses, leur phénomène prend-il le caractère qu’on vient de lui voir ? « 

Nous retenons notre souffle : de quoi peut-il s’agir ?

 » Nulle part plus qu’en morale, la nécessité d’une explication métaphysique n’est pressante : car il est un point sur lequel s’accordent tous les systèmes, philosophiques ou religieux : c’est que la signification morale des actions enveloppe une signification métaphysique, une signification qui dépasse la région du pur phénomène, qui va plus haut que toute expérience possible, et qui touche de plus près à la question de l’existence de l’univers, à celle de la destinée humaine ; car de degré en degré, quand l’esprit cherche la raison de toute existence, il s’élève à ce sommet suprême : le bien moral. « 

Et alors ?…

«  Or de tous les problèmes dont peut s’occuper l’esprit humain, le problème métaphysique est le plus embarrassant : à tel point que nombre de philosophes l’ont cru insoluble. Pour moi, dans la circonstance présente, une difficulté vient s’ajouter à toutes les autres, qui m’est tout à fait particulière : je dois faire ici une étude qui se suffise à elle-même, et je ne peux partir d’aucun système de métaphysique, me réclamer d’aucun : en effet, il me faudrait alors, ou bien l’exposer, ce qui prendrait trop d’espace, ou bien le supposer, ce qui serait fort déplacé. Je ne puis donc ici, pas plus que précédemment, user de la méthode synthétique : il me faut procéder par analyse, aller non pas du principe aux conséquences, mais des conséquences au principe. « 

De quelle souris va donc accoucher cette énorme montagne d’atermoiements ?

«  Aux yeux du méchant, cette différence [marquée entre soi-même et les autres] est assez grande pour que la souffrance d’autrui, par elle-même, lui devienne une jouissance : et cette jouissance, il la recherche, dût-il ne trouver aucun avantage personnel à la chose, dût-il même en éprouver quelque dommage. Cette différence est encore assez grande aux yeux de l’égoïste, pour qu’il n’hésite pas, en vue d’un avantage même léger à conquérir, à se servir de la douleur des autres comme d’un moyen. Pour l’un et l’autre donc, entre le moi, qui a pour limites celles de leur propre personne, et le non-moi, qui enveloppe le reste de l’univers, il y a un large abîme, une différence fortement marquée : « Pereat mundus, dum ego salvus sim«  [Périsse l’univers, et que je sois sauvé !], voilà leur maxime. Pour l’homme bon, au contraire, cette différence n’est point aussi grande ; même, quand il accomplit ses actes de générosité, elle semble supprimée : il poursuit le bien d’autrui à ses propres dépens : le moi d’un autre, il le traite à l’égal du sien même. Et enfin s’agit-il de sauver un grand nombre de ses semblables, il sacrifie totalement son propre moi ; l’individu donne sa vie pour le grand nombre. [...] « 

Allons directement à la conclusion… en tirant la leçon de la très conséquente prolifération, dans ce paragraphe, de la bipartition moi/autrui qui débouche pour finir sur la redoutable image dite des « membra disjecta » (sur laquelle il est arrivé à Jérôme Bosch de s’attarder avec une horreur bien compréhensible) : l’éparpillement du corps social dans cette multitude des « autres » que vient couronner un « moi« , lui-même « totalement » explosé par le sacrifice.

De même que c’est Dieu (si on le place dans la structuration imaginaire) qui jouit des malheurs du monde, de même, c’est Schopenhauer qui, en élaborant cette scène moi/autrui, ou encore les-bons/les-méchants, prétend nous faire jouir, et lui-même avant tout, à partir d’une scène d’identification imaginaire à la souffrance d’autrui.

Mais de quelle jouissance peut-il s’agir ? (La jouissance n’ayant en effet rien à voir avec le plaisir…)

D’une jouissance inconsciente.

 

Publié dans : Non classé | le 11 août, 2011 |Pas de Commentaires »

13. Dès lors que le moi apparaît dans son morcellement, se dessine – par delà la structuration imaginaire – un tout autre univers

« [...] [L]a bonté d’âme [est] un sentiment profond de pitié, étendu à tout l’univers, à tout ce qui a vie, mais surtout à l’homme, écrit Arthur Schopenhauer ; car à mesure que l’intelligence s’élève, grandit aussi la capacité de souffrir ; et les souffrances innombrables, qui s’attaquent à l’homme dans son esprit et dans son corps, ont des droits plus pressants à notre compassion, que les douleurs toutes physiques, et par là même plus obscures, de l’animal. « 

Quoique… Car, c’est la même structuration qui réunit tant de personnes autour de la considération apitoyée de la… vie des animaux.

 » La manière de voir qui est au fond celle de l’égoïste, est parfaitement juste, dans le domaine empirique. Au point de vue de l’expérience, la différence entre une personne et celle d’autrui paraît être absolue. Nous sommes divers quant à l’espace : cette diversité me sépare d’autrui, et par suite aussi, mon bien et mon mal de ceux d’autrui. Mais d’abord, il faut le remarquer, la notion que nous avons de notre propre moi n’est pas de celles qui épuisent le sujet et l’éclairent jusque dans son dernier fond. Grâce à l’intuition que notre cerveau construit avec les données des sens, d’une manière par conséquent indirecte, nous connaissons notre propre corps : c’est un objet dans l’espace ; grâce au sens intime, nous connaissons la série continue de nos désirs, des actes de volonté qui naissent en nous à l’occasion de motifs venus du dehors, et enfin les mouvements multiples, tantôt forts, tantôt faibles, de notre volonté elle-même, mouvements auxquels en fin de compte se ramènent tous les faits dont nous avons sentiment. Mais c’est tout : la connaissance ne saurait se connaître à son tour. Le substrat lui-même de toute cette apparence, l’être en soi, l’être intérieur, celui qui veut et qui connaît, nous est inaccessible : nous n’avons de vue que sur le dehors ; au-dedans, ténèbres. « 

Il y a ici l’esquisse d’une orientation très intéressante, comme le pressentiment de ce que la structuration imaginaire, parce qu’elle est sans épaisseur, ne peut appréhender la chair au-delà de l’image. D’où la réinsertion d’un espace qui ne serait pas que celui qui est nécessaire à la dichotomie moi/autrui… D’un espace charnel, qui dépasse le système de la conscience (alors que celle-ci ne concerne que les effets de miroir).

C’est dans cet espace doué d’une certaine compacité que trouvent leur siège nos « désirs » et « actes de volonté« . Mais d’où vient que ceux-ci puissent à ce point se saisir de notre personne ?

 » Ainsi la connaissance que nous avons de nous-mêmes n’est ni complète, ni égale en profondeur à son sujet mais plutôt elle est superficielle ; une partie, la plus grande, la plus essentielle, de nous-mêmes, demeure pour nous une inconnue, un problème [...]. Or, en cette partie de nous, qui tombe sous notre connaissance, assurément chacun diffère nettement des autres ; mais il ne s’ensuit pas encore, qu’il en soit de même pour cette grande et essentielle partie qui demeure pour nous voilée et inconnue. Pour celle-là, il est du moins possible qu’elle soit en nous tous comme un fond unique et identique. « 

Ce « fond unique et identique« , ce substrat, a un nom en philosophie : c’est le sujet (subjectum), qui trouve une figuration particulièrement intéressante dans ce « je » grammatical qui prend la place de chacune et chacun de nous sitôt que la parole intervient… Or, c’est bien le même « je » que nous utilisons toutes et tous en tant que chacun(e) de nous (s)‘exprime en son nom propre.

Aussi universel et discret que possible, il est doublement intéressant, du fait de la doublure qui l’accompagne parfois : « moi », pour donner « moi, je ». Comme on le constate avec une certaine stupeur, l’imaginaire est toujours à deux doigts de se saisir du « sujet » pour lui faire tenir le discours commun (directement inspiré de l’idéologie dominante), et lui donner matière à perdre le fil des articulations symboliques qu’il se surprend à produire lorsqu’il est au meilleur de sa forme (cf. l’amour courtois), et qui, seules, peuvent dénouer de façon poétique (créatrice) les illusions rattachées aux diverses identifications imaginaires qui assurent la pérennisation du « moi ». Celui-ci se défend alors avec une résistance d’autant plus acharnée que sa survie (imaginaire) lui semble compromise, en même temps que l’ensemble de son univers (le registre imaginaire) apparaît comme menacé d’implosion…

Publié dans : Non classé | le 20 juillet, 2011 |1 Commentaire »

14. Dans sa relation imaginaire avec autrui, le moi n’aurait-il pas pour seule et ultime visée la jouissance du Père (Dieu) ? Qu’en est-il de ce grand Autre, l’inconscient ?…

C’est à l’en croire tout vibrant d’exaltation que Schopenhauer ne se lasse pas de nous assurer que « celui qui va à la mort pour sa patrie, est délivré de l’illusion, ne borne plus son être aux limites de sa personne : il l’étend, cet être, y embrasse tous ceux de son pays en qui il va continuer de vivre, et même les générations futures pour qui il fait ce qu’il fait. Ainsi la mort pour lui n’est que comme le clignement des yeux, qui n’interrompt pas la vision. « 

A vrai dire, notre pauvre Arthur pratique ici l’amalgame entre la mort du « moi » et la mort de l’individu, tout en insérant celle-ci dans l’imaginaire guerrier qui encadre la figure du héros… Il n’a manifestement pas les clés du système symbolique : d’où la prolifération, chez lui, de toutes les figures du même registre imaginaire, et jusqu’aux plus caricaturales.

Car voici que nous est imposée cette représentation manichéenne – et par là même particulièrement simpliste et affligeante – de la société humaine. Notre philosophe, tout bonnement aveuglé, nous décrit « un homme pour qui tous les autres ne sont qu’un non-moi ; au fond sa propre personne, seule, est pour lui vraiment réelle : les autres ne sont à vrai dire que fantômes ; il leur reconnaît une existence, mais relative : ils peuvent lui servir comme instruments de ses desseins, ou bien le contrarier, et voilà tout ; enfin entre sa personne et eux tous, il y a une distance immense, un abîme profond ; le voilà devant la mort : avec lui, toute réalité, le monde entier lui semble disparaître. » Face à celui-ci et s’y opposant, un autre homme nous est présenté qui est semble-t-il son exact contraire. C’est alors que nous sommes littéralement pris à témoin dans une stupéfiante confrontation … « Voyez cet autre : en tous ses semblables, bien plus, en tout ce qui a vie, il reconnaît son essence, il se reconnaît ; son existence se fond dans l’existence de tous les vivants : par la mort, il ne perd qu’une faible portion de cette existence ; il subsiste en tous les autres, en qui toujours il a reconnu, aimé son essence, son être ; seulement l’illusion va tomber, l’illusion qui séparait sa conscience de toutes les autres. Ainsi s’explique, non pas entièrement, mais en grande partie, la conduite si différente que tiennent en face de la mort l’homme d’une bonté extraordinaire et le scélérat. « 

C’est ainsi que, finalement, de la méconnaissance (imaginaire) à une connaissance (tout aussi imaginaire) des autres, rien de changé. En conséquence, impossible de sortir de cette polarité d’une pauvreté intellectuelle navrante : le bon, le scélérat. Mais c’est le seul vrai ressort de toutes les intrigues qui se mènent dans le registre imaginaire. Heureux les pauvres d’esprit !…

… Jusqu’à ce que l’impasse, inévitable, se profile à l’horizon pour un Schopenhauer qui se voit alors contraint de reconnaître qu’il doit s’en tenir  »à ces simples indications touchant la métaphysique de la morale », avec toutefois quelque regret …  « et pourtant il resterait encore à faire un pas de plus, qui est tout à fait nécessaire ». Mais, de toute façon, il semble bien que les carottes sont cuites car, reconnaît-il, « pour cela il faudrait en morale aussi s’être avancé d’un pas plus loin ; et c’est ce qui ne se peut guère ici : en Europe, la morale ne se propose pas de but supérieur à la théorie du droit et de la vertu ; ce qui est au-delà, elle l’ignore ou le méconnaît. Ainsi, en omettant par nécessité ce dernier point, je dois ajouter qu’avec cette esquisse d’ensemble d’une métaphysique de la morale, on ne peut entrevoir, même de loin, la clef de voûte de l’édifice métaphysique complet : on ne peut deviner la véritable liaison des parties de la Divina Commedia. [...] « 

Comment dire autrement que tous les efforts de Schopenhauer auront manqué le but qu’il se proposait d’atteindre ?

La raison de cet échec tient au fait que, sans le dire –et peut-être sans oser se l’avouer à lui-même -, il vise à atteindre l’Un premier : Dieu. Après Kant, et compte tenu de l’évolution de la société occidentale dans les décennies qui ont suivi, cet objectif ne pouvait plus qu’échapper à la réflexion philosophique. Il restait à attendre l’intervention de Freud, et à apprendre de lui la place qu’au coeur même de toute réflexion sur l’histoire humaine, il faut absolument faire à l’inconscient et à son cortège d’apories (pour reprendre un terme essentiel dans les démonstrations de Kant).

 

Publié dans : Non classé | le 5 juin, 2011 |Pas de Commentaires »

15. Pourquoi la quête de la vérité telle qu’elle est conçue à partir du moi ne peut qu’aboutir à une impasse

Déplorant l’incompréhension sur laquelle semble butter son génie clairvoyant, Schopenhauer donne à son brillant essai sur le Fondement de la morale cette conclusion :  »Quand on travaille à faire avancer la pensée humaine et la science, on éprouve toujours de la part du siècle une résistance : c’est comme un fardeau, qu’il faut traîner, et qui pèse lourdement sur le sol, quoi qu’on puisse faire. Mais ce qui doit alors nous rendre confiance, c’est la certitude d’avoir, il est vrai, les préjugés contre nous, mais pour nous la Vérité : et la Vérité, une fois qu’elle aura fait sa jonction avec son allié, le Temps, est sûre de la victoire : si donc ce n’est pas pour aujourd’hui c’est pour demain. »

Or, l’enseignement de Freud montre que la « résistance » provient du moi ; elle est une caractéristique du registre imaginaire… Tout ce que fait Schopenhauer ici consiste, à l’inverse, dans le fait de mettre en oeuvre la résistance pour garantir la toute-puissance de la relation moi/autrui…

Et puisque, pour finir, il prétend lutter contre les « préjugés« , il ne sera pas inutile de signaler que Lacan apporte cette précision qu’il est justement possible de voir dans le moi l’ensemble des… préjugés.

Quant à la « Vérité« , les outils d’analyse qu’utilise Schopenhauer ne lui laisse aucune chance d’en déterminer le caractère terriblement paradoxal et inquiétant pour l’ »être » humain. Au surplus, la vérité nécessite un point d’ancrage que, depuis Kant en particulier, la pensée occidentale ne peut plus utiliser : l’Un premier.

De façon générale, et parce que l’extrait sur lequel nous quittons Arthur Schopenhauer s’achève par le « Temps« , nous pouvons le reconduire à ce qui, dans le matérialisme, prend la place du premier moteur d’Aristote, ou du Dieu des religions monothéistes…

Pour faire bon poids à la formule lacanienne « Y a d’ l’un », nous pouvons très tranquillement nous en tenir à ceci : « Y a d’ la matière en mouvement ». C’est à partir de cette constatation très modeste que, chaque jour, et pas après pas, il est de toute nécessité pour chacun et chacune de s’affronter aux éclairs de la vérité (pointe vive des articulations symboliques) et à ses déclins tout aussi soudains et inexpliqués… en s’évitant, autant que faire se peut, les pitreries du registre imaginaire.

Publié dans : Non classé | le 8 mai, 2011 |Pas de Commentaires »

16. Comment le moi, sous l’effet de la promotion de l’individu, vient à s’instituer source du droit

Le développement d’une philosophie politique ayant pour point de départ la primauté du moi va constituer le cheval de bataille du tristement célèbre Adolphe Thiers. C’est tout particulièrement à l’occasion des fameux événements de 1848, qui remirent le spectre de la Révolution sur le devant de la scène, qu’il jugea particulièrement opportun de s’essayer à prouver le bien fondé du droit de propriété, à nouveau menacé par celles et ceux qu’il était de bon ton de qualifier de « canaille »…

L’intérêt était, semble-t-il, de s’appuyer sur la très célèbre maxime de Descartes : « Je pense, donc je suis« , et sur la philosophie des Lumières, investie ardent défenseur des droits de l’Homme et, par extension, des droits de l’individu. Prenant la posture d’un phénoménologue aguerri, voici ce que Thiers remarque à propos de … sa propre personne : « je sens, je pense, je veux : ces sensations, ces pensées, ces volontés, je les rapporte à moi-même. Je sens qu’elles se passent en moi, et je me regarde bien comme un être séparé de ce qui l’entoure, distinct de ce vaste univers qui tour à tour m’attire ou me repousse, me charme ou m’épouvante. Je sens bien que j’y suis placé, mais je m’en distingue parfaitement, et je ne confonds ma personne ni avec la terre qui me porte, ni avec les êtres plus ou moins semblables à moi qui m’approchent, et avec lesquels je serais tenté quelquefois de me confondre, tant ils me sont chers, tels que ma femme ou mes enfants. Je me distingue donc de tout le reste de la création, et je sens que je m’appartiens à moi-même.« 

Evidemment, tout ceci est fort gratifiant pour nous autres humains car l’idée que nous avons de nous-mêmes s’y trouve on ne peut plus flattée. Ce serait tout de même bien dommage de s’y tromper car, derrière une approche prétendument phénoménologique d’un comportement propre au genre humain pointe à nouveau, comme chez Schopenhauer, l’ombre fallacieuse et inquiétante de ce qui constitue le registre imaginaire organisé autour de la dialectique du moi face à autrui.

Ici, cependant, l’heure est particulièrement grave pour Thiers qui, face à l’acuité des enjeux politiques du moment, va s’engager bien plus loin. Partant du principe de la singularité de l’individu, – désormais institué libre et indépendant et par conséquent maître de lui-même par la Déclaration des Droits -, il considère tout naturellement que celui-ci peut en disposer à sa guise, « sans scrupule » ! L’individu, ses intérêts particuliers et les opinions qui les soutiennent (autrement dit, le moi et sa sphère de préjugés) vont par conséquent constituer la source et la mesure de tout ce qui doit advenir sur le plan sociétal. Pour le sieur Thiers, donc, « il résulte de l’exercice des facultés humaines, fortement excitées, que ces facultés étant inégales chez chaque homme, l’un produira beaucoup, l’autre peu, que l’un sera riche, l’autre pauvre, qu’en un mot l’égalité cessera dans le monde. »

Voici comment, d’une consternante « constatation » de faits, sera déduite une loi qui se verra tout naturellement sanctionnée par le droit ; le droit à récompense pourrait-on dire, c’est-à-dire, le droit de propriété (privée) pour ceux (méritants) qui sauront utiliser à bon escient les facultés (et les moyens) mis à leur disposition dès le commencement de leur existence (par un Dieu finalement plein de bon sens), et qui pourront ainsi recueillir en toute logique le fruit de leur travail … même si celui-ci a été finalement accompli par d’autres, – traduisons : par les petits autres, pour mon plus grand profit à moi…

17. La prospérité générale, un alibi pour la jouissance (imaginaire) du moi entrepreneurial ?

Décidément pétri d’admiration devant ce moi (le sien) élevé au rang d’emblème du genre humain, (petit) Adolphe interroge, et tire lui-même la conclusion … : « [...] ces pieds, ces mains, ces yeux, cet esprit, qui sont à moi, non à un autre, sont-ils égaux à ceux de tous mes semblables ? Assurément non. Je remarque dans mes facultés et celles de mes semblables de notables différences, j’observe que les uns par suite de ces différences sont dans la misère ou l’abondance, dans l’impossibilité de se défendre ou dans le cas de dominer les autres. » Voilà qui est lâché… La mise en valeur du « capital humain » comme unique condition de LA réussite sociale – laquelle deviendra le leitmotiv de la pensée néolibérale du XXIème siècle – faisait déjà son chemin dans cet esprit mal intentionné.

Désormais, le moi et ses préjugés seront cautionnés par la toute-puissance accordée à l’individu sûr de son droit depuis qu’il a été solennellement déclaré libre, c’est-à-dire propriétaire de lui-même comme de sa conscience, nécessairement infaillible … Il va sans dire que ce tour de force aura une grave conséquence sur le plan politique : celle de justifier toutes les inégalités sociales et de faire disparaître, dans le même temps et comme par enchantement, l’injustice du paysage social en la recouvrant du très commode manteau de la responsabilité individuelle.

Mais laissons notre très cher ami Thiers poursuivre ses savantes déductions … « Partons donc de ce principe que la propriété, comme tout ce qui est de l’homme, deviendra droit, droit bien démontré, si l’observation de la société révèle le besoin de cette institution, sa convenance, son utilité, sa nécessité, si, enfin, je prouve qu’elle est aussi indispensable à l’existence de l’homme que la liberté elle-même. Parvenu à ce point, je pourrai dire : la propriété est un droit, aussi légitimement que je dis : la liberté est un droit. » Le sort en est à présent jeté. Le propriétaire ne doit rien à la société puisqu’il en est devenu indépendant par l’affranchissement de l’individu avec qui il ne fait plus qu’un. Cependant que la société, elle, lui doit tout puisque de lui, de son bon vouloir, de son moi en somme – comme de l’exigence d’un nouveau Dieu – dépend sa prospérité à elle…

C’est Son Excellence Adolphe Thiers qui nous le dit lui-même. D’ailleurs, que ces ingrat(e)s qui osent brandir l’étendard menaçant de la loi agraire se le tiennent pour dit : il ne leur permettra pas de remettre en cause les extraordinaires bienfaits du droit de propriété :   »Celui [...] qui se livrant à son goût, à son habileté pour le travail, s’expose, en devenant plus riche, à choquer votre envie, a contribué à la prospérité commune, et notamment à la vôtre. [...] L’abondance qu’il a contribué à créer est au profit de l’humanité, et la société lui permet de grandir, en résultât-il une inégalité par rapport à d’autres qui travaillent moins bien, elle le lui permet parce-que la prospérité générale grandit avec sa prospérité à lui. » Que voilà donc un vase communiquant magique … et tout simplement imaginaire.

Prospérité, dites-vous ?… A votre époque, Monsieur Thiers, beaucoup d’ouvriers, d’ouvrières ainsi que leurs enfants ne travaillaient pas moins de 16 heures par jour… Malgré cette effroyable quantité de labeur, la pauvreté – pour ne pas dire l’extrême pauvreté – ne les quittait pas d’une semelle. Comment donc justifierez-vous ce résultat édifiant, malgré les inestimables qualités et les très grands efforts de ces innombrables petits « moi » particulièrement altruistes (et non moins récupérateurs de grasses plus-values) ?….

C’est ce que nous n’allons pas tarder à savoir…

Publié dans : Non classé | le 20 mars, 2011 |Pas de Commentaires »

18. La charité, clé de voûte de la jouissance suprême

 Il va bien falloir trouver des arguments de choc pour expliquer comment il se peut que celles et ceux qui dépensent leurs forces et leur santé à créer les  richesses sont paradoxalement très loin de bénéficier de la prospérité, nouvelle terre promise, revendiquée par un système économique et politique fondé sur l’apologie du travail,   - d’un certain travail …  A cet égard, Monsieur Thiers n’assure-t-il pas que « La société civilisée ayant consacré par écrit le droit de propriété, qu’elle avait trouvé existant sous forme d’habitude dans la société barbare, l’ayant consacré dans le but d’assurer, d’encourager, d’exciter le travail, on peut dire que le travail est la source, le fondement, du droit de propriété ».

Pour justifier les inégalités sociales décidément trop criantes, on va tout naturellement invoquer le facteur chance, bien pratique celui-là ; si pratique qu’il sera repris au XXème siècle par  un démocrate chrétien de renom, un certain … Jacques Delors. C’est alors que l’on verra dame Charité appelée à la rescousse pour pallier cette très regrettable malchance qui fait que certains (un grand nombre, en fait) manquent des ressources nécessaires pour vivre. Et c’est Monsieur Thiers encore qui, sur sa chaire haut perché, nous enseigne que « dans cette marche incessante vers un état meilleur, le travail qui a réussi vient au secours du travail qui n’a pas réussi, et la richesse qui peut avoir tous les vices, mais qui peut aussi avoir toutes les vertus, soutient la pauvreté. »

Ah bon ?  Mais alors la chance et la malchance, d’où procèdent-elles donc ? mais d’une puissance transcendante contre laquelle on ne peut rien, évidemment. Tout comme un Voltaire « libre penseur » n’a eu de cesse de vouloir mettre Dieu dans la bouche du peuple ignorant, assimilable pour lui à un troupeau de boeufs, Thiers n’hésite pas à le mettre, ce Dieu, à contribution : si les choses sont ce qu’elles sont, c’est bien parce que Dieu l’a voulu … Le voici qui martèle :  « Ces facultés à la fois physiques et morales sont à l’homme à qui Dieu les donna. Il les tient de Dieu, de ce Dieu que je nommerai comme il vous plaira dieu, fatalité, hasard, auteur enfin quel qu’il soit, auteur des choses, les laissant faire ou les faisant, les souffrant ou les voulant. » C’est pourquoi, « moi [le grand Adolphe Thiers], qui m’en rapporte aux faits visibles des volontés de Dieu, c’est-à-dire des lois de la création, je déclare que puisque l’homme est inégalement doué, Dieu a voulu sans doute qu’il eût des jouissances inégales [...]. »

Jouir ! Ah ! le voilà donc ce bienfait, quoi ! ce privilège inestimable apparu par la grâce du sacro-saint droit de propriété ! … N’en pouvant plus, Petit Adolphe se met carrément à la place d’un homme qu’il nous décrit habile et laborieux : le pauvre homme a produit plus qu’il ne peut consommer et il ne sait quoi faire de ce surplus … (Monsieur Thiers veut modestement nous faire comprendre qu’il est riche). Et c’est alors que, sous nos yeux, prend forme une histoire tout à faire extraordinaire, tout bonnement digne de Saint François d’Assise… « J’aperçois à la limite de mon champ, un malheureux expirant de fatigue et de faim. J’accours à cette vue, je verse dans son gosier un peu de ce vin dont j’avais trop ; je présente à sa bouche un de ces fruits dont je ne savais que faire ; je jette sur ses épaules un de ces vêtements dont j’avais plusieurs, et je vois la vie renaître en lui, le sourire de la reconnaissance empreindre son visage, et j’éprouve en mon coeur une jouissance plus vive que celle que je ressentais dans ma bouche, lorsque je savourais les fruits de mon champ. » Et voilà notre brave Adolphe bien empêtré dans son fatras imaginaire.

Publié dans : Non classé | le 5 février, 2011 |Pas de Commentaires »

19. Sais-tu que je t’aime, toi qui es démuni(e), car de ton malheur dépend notre jouissance sans limite, à moi et au Dieu qui nous regarde

A propos de déshérité(e)s, voici ce que constatait, en l’an de grâce 1975, notre grand ami Jacques Delors dont nous imaginerons aisément la voix mortifiée et contrite  : « Il y a [...] trois catégories de jeunes : les écrasés, ceux qui n’ont aucune chance, tels mes anciens camarades de l’école communale ; à l’autre extrême, il y a les fils et les filles des classes moyennes et aisées, ils ont eu le temps d’étudier et de réfléchir, puis de participer.  Au milieu il y a ceux, qui comme moi, ne doivent qu’à la chance et une bonne santé de cumuler travail, études, activités diverses. [...] » Eh ben voyons … Et c’est avec une étonnante clairvoyance  qu’il nous annonce le « miracle » qui aurait lieu six ans plus tard,- miracle qui devait tout de même le projeter vers les sommets de l’Etat en tant que ministre de l’Economie et des Finances … : « seul le socialisme s’attaque véritablement aux causes profondes de la pauvreté, car il n’est pas fermé aux faibles, il les conforte, les appuie, leur donne une deuxième ou une troisième chance, leur confère une véritable emprise sur les choses – et sur leur propre vie. [...] »  On voit que M. Jacques Delors, démocrate chrétien et socialiste par dessus le marché  !…  (Non, non, cela n’est pas contradictoire du tout) est lui aussi un grand adepte de la béquille …

Evidemment, ce qui importe à ce genre de personnages, c’est de donner à cette jouissance (imaginaire) de leur moi un semblant de justification morale ou politique, petit exercice fort répandu où l’on se fait fort d’étaler, à la face d’autrui, son altruisme et ses bons sentiments, tout en pleurnichant sur les grands malheurs de ce monde …  M. Thiers, lui, reconnaît avec une certaine bonhomie …, que « sans doute dans cette société  compliquée, où le moindre ressort dérangé produit des perturbations profondes, il y a des crises où tout manque à la fois à certaines classes » et que,  par conséquent,  « il faut venir à leur secours ; nous en sommes d’avis, car nous n’avons pas des coeurs de fer parce que nous avons des têtes saines ; il faut venir, dis-je, à leur secours, non à titre de restitution, mais à titre de fraternité, vertu charmante quand elle est sincère. »

Nul doute que chacune et chacun saura apprécier le « non à titre de restitution » …

Liberté, égalité, fraternité, donc …  A des hommes de la même espèce qu’Adolphe Thiers qui la revendiquent haut et fort chaque fois qu’elle est censée servir leurs intérêts, il faut bien dire qu’elle donnerait plutôt la nausée. Mais enfin, pour ces gens-là, point de jouissance sans certains sacrifices. De ce côté, Schopenhauer en tant que philosophe semblait en connaître un rayon … Mais revenons à notre grand jouisseur Adolphe Thiers qui n’est pas mal non plus du côté d’un imaginaire qui tient du délire : c’est bien entendu au péril de sa vie (rien de moins) que l’homme habile, laborieux et … riche - vient au secours du pauvre ; l’ultime jouissance est cependant à ce prix et il le sait,  ce bougre de Thiers. On dirait même qu’il l’a vécue lui-même cette aventure terrible ; d’ailleurs il faut bien dire qu’à le lire nous finirions par en avoir nous-mêmes le frisson … :   « [le riche quitte] ses palais pour aller visiter la chaumière du pauvre, bravant la saleté hideuse, la maladie contagieuse, et quand il  a découvert cette jouissance nouvelle, il s’y passionne, il la savoure, et ne peut plus s’en détacher. »

Karl Marx ne qualifiait-il pas, à juste titre, cet odieux personnage de « nabot monstrueux » ?

Le meilleur est cependant à venir : il restera une dernière petite touche à apporter à ce tableau véritablement orgiaque et tout à fait à la hauteur, d’ailleurs, des oeuvres du grand Jérôme Bosch : la jouissance suprême, celle du grand Autre, celle de ce Dieu tout puissant, lequel  -  Thiers peut nous l’assurer puisque les voies du Seigneur semblent ne plus être impénétrables pour lui  -  est à la fois source et caution de cette merveille que voici : « … [la richesse et la pauvreté] marchant appuyées l’une sur l’autre, se procurant des jouissances réciproques, et formant un groupe cent fois plus touchant à voir que cette pauvreté seule à côté d’une autre pauvreté, se refusant mutuellement la main, et privées de deux sentiments exquis la charité et la reconnaissance ».

Puisque donc  « l’amour » vaincra, tout va décidément pour le mieux dans le meilleur des mondes, n’est-ce pas ??…

 

Publié dans : Non classé | le 11 janvier, 2011 |Pas de Commentaires »

20. Où il est démontré que l’appât du gain et le travail sont antinomiques

Réjouissons-nous donc, cher(es) compatriotes, que ce nom illustre ait été donné à un très grand nombre de rues de France ! C’est bien évidemment une larme à l’oeil (cet oeil souffrant d’une désolante cécité) que nous imaginons ce M. Thiers en homme tout à fait honorable du haut de ses 1.55 m, tout occupé à nous poser cette question fondamentale dont nous ne pourrons jamais assez souligner l’obscénité fondamentale qu’elle manifeste : « Quel est le plus grand stimulant du désir de posséder si ce n’est l’amour des enfants ? »

Ce « désir de posséder » dont vous parlez, M. Thiers, avec tellement d’emphase que vous en avez la  bouche  pleine, n’a  strictement  rien  à faire avec les perspectives offertes par le travail : car ce « désir de posséder », dont la simple évocation vous faisait sans aucun doute enfler la gorge-phallus à l’instar d’un gros dindon de basse-cour, n’est concevable que dans le cadre du système d’appropriation et d’accumulation capitaliste, et nécessité par lui.

En effet, le profit moyen récupéré par le détenteur de capitaux dépend de la dimension de l’investissement réalisé qui, lui-même, s’inscrit dans une succession d’appropriations donnant lieu à réinvestissement. Dans ce cadre précis, le même homme pourra donc investir aussi bien 2 millions d’euros que 200 millions, ses profits n’auront aucun rapport avec les performances de sa seule petite personne, alors que celles et ceux qui travaillent pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants ne pourront accéder à la propriété des biens de consommation que dans les limites de leur capacité individuelle de travail.

Ainsi, l’appât du gain (ou « l’appât du bien-être », comme vous savez si bien dire…), ce « penchant » si intéressant que selon vous il conviendrait d’exciter chez les classes laborieuses comme on agiterait une grosse carotte devant le nez d’un âne pour le faire avancer, n’est donc applicable qu’à la situation dans laquelle se trouve immanquablement le capitaliste, condamné à une avidité inassouvie puisque pris au  piège de la nécessité redoutable d’une accumulation sans fin…

Pour ce qui concerne en l’occurence votre propre avidité, M. Thiers, voici ce que nous en dit un certain Karl Marx, en 1872 : « Thiers n’a été conséquent que dans son avidité de richesse, et dans sa haine des hommes qui la produisent. Entré pauvre comme Job dans son premier ministère sous Louis-Philippe, il le quitta millionnaire. [...] A Bordeaux, sa première mesure pour sauver la France d’une ruine financière imminente fut de se doter lui-même de trois millions par an, premier et dernier mot de la « République économe », qu’il avait fait miroiter à ses électeurs de Paris en 1869. »

Quant à « l’amour » - celui tout au moins dont vous parlez, qu’il soit filial, paternel ou peu importe -, nous sommes au regret de devoir vous rétorquer qu’il n’a aucun rapport avec les nécessités implacables de la rotation du capital pour le capitaliste, ni avec la comptabilité de sa survie et celle de sa famille pour l’ouvrier.

Publié dans : Non classé | le 5 janvier, 2011 |Pas de Commentaires »
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